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C'est la première fois que je participe à l'échange d'Halloween.
Grâce à 
flo_nelja  j'ai appris l'existence de ce superbe projet ! Je me lance à corps perdu dedans, espérant pouvoir écrire (et recevoir) plein d'histoires pour ma saison et fête préférée !

Bref, voici ma fiche pour l'Echange d'Halloween 2022 que vous pouvez retrouver ici   avec les règles !


Possession et Manipulation 
Il y a quelque chose d'intéressant dans la manipulation, que se soit émotionnelle ou physique, et dans toute perte de contrôle et possession en règles générales. Que se soit de battre une personne qu'on aime posséder, de lutter contre quelque chose voir si on veut être du coté de l'antagoniste de manipuler pour voler et prendre. Il y a mille et une interprétation possible pour se genre de cas, et les enjeux émotionnels sont toujours saisissants !

L'horreur rampante sur la peau
L'horreur est sans doute un thème banal pour Halloween mais j'aime jouer sur la peur des personnages.Il y a tellement de peur possible, la peur du noir, la peur de la solitude, la peur de décevoir, la peur d'être abandonné, la peur d'échouer et tant d'autre bien plus connu. J'aime beaucoup quand une œuvre s'intéresse à se qui forme le personnage, et les peurs se traduisent facilement par un individu et ses valeurs. Mes deux peurs favorites pour des écrits sont notamment la peur de décevoir/ne pas réussit et celle d'être abandonnée qui plonge le personnage vraiment mal.

Se transformer, changer pour le pire
L'idée de se transformer, cela peut-être un choix ou une obligation, mais bien souvent c'est forcer. Comme un homme devenant loup-garou, le protagoniste perd tout emprise sur lui-même, quelque chose d'autre se réveille en lui.Parfois on lui vole son humanité avec une morsure de vampire, parfois on fait avancer la science - ou du moins agit en son nom- pour forcer un changement drastique chez le cobaye ou la pauvre victime. Ce n'est pas un thème qu'on peut appliquer dans tous les fandoms, mais dans les rares chanceux, nous proposons des histoires mêlant angst et quête de soi magnifique. Après changer ce n'est pas forcement pour le pire mais vous avez l'idée.

Verser le sang
N'ayez pas peur de verser le sang. Le protagoniste peut-être attaquer, subissant malgré lui une rencontre effroyable contre quelque chose d'humain ou non. Ou bien il peut être pris pour cible par une créature sanguine, voir peut-être tomber dans les griffes d'un homme voulant défier dieu avec sa science. Il a tellement d'occasion de verser le sang !

Le plaisir d'une couverture et d'un chocolat chaud
Pour finir quelque chose de mignon, car l'automne est la saison parfaite pour la tendresse amoureuse devant un feu de cheminer, sous une couverture, avec une tasse de chocolat chaud ou bien sous un parapluie blottit contre l'autre. Le principal c'est d'être à l'abri du froid dans les bras de la bonne personne ! Ou du bon chat dans mon cas solitaire ! Peu importe comment c'est ou comment c'est fait mais parfois ils mérites un peu de fluff et de réconfort !


 

Resident Evil : Principalement Chris/Wesker , Chris/Piers , Ethan/Heisenberg ou Luis/Léon
La momie : Ardeth/Jonathan mais j'ai vu passer du Rick/Imhotep alors pourquoi pas ! 
Sleepy-Hollow : Pour le film j'aime le lien presque paternel entre Ichabod Crane et Masbath, mais pour le film ou la série j'aime bien les interactions entre Ichabod Crane et le cavalier, romantique ou non. 
Dracula ( Multimédia + Livre) : Jonathan et tout le monde, notamment Jonathan/Dracula
L'étrange cas du docteur Jekyll et M.Hyde : Utterson, que se soit avec Jekyll ou Hyde.
The Quarry : Tout les personnages jouables. Et sans doute tout les couples aussi. J'aime surtout Dylan et tout le monde aime surtout Dylan.
Mystery Skulls : Tant qu'Arthur souffre ... j'aime beaucoup le polyamour.
Danny Fhantom : Générale Vlad, avec ship Vlad/Dan , Clockwork/Dan ou bien Vlad/Clockwork. 
Dead By Daylight : Dwight ou Jake. Navire généralement avec Dwight.
The Evil Within 1 : Sebastian (/)Joseph ou (/)Ruvik
Berserk : Guts/Griffith 
Pokemon : J'aime beaucoup de personnage et de couple mais top 3 PerfectWorld - HardenShipping - GothGFShipping
Le Fantôme de l'Opera : General Raoul, que se soit avec son frère que d'autre personne, Ship avec qui vous voulez

Pas de mort définitif - Pas d'AU moderne 
Pas trop fan des scènes de sexe gratuite 

On peux me retrouver sur AO3 sous le même pseudo ( Je posterais mes histoires ici et la-bas ) !

 
Pixel art fait par Rose-Designs
Dracula sent la nuit tomber, ses forces augmenter peu à peu, jusqu'à atteindre une puissance divine et diabolique. Il pourrait quitter son cercueil, invisible et meurtrier, pour se nourrir de l'équipage du bateau...

Non, il ne peut se permettre un répétition de ce qui est arrivé quand il se dirigeait vers l'Angleterre. Un appétit dévorant, des hommes inquiets, et finalement, un bateau vide, presque à la dérive, qui n'aurait jamais touché l'Angleterre si Dracula n'avait pas contrôlé le vent.

Cette fois, il ne peut pas perdre une seule heure ; on le poursuit.

Il réfrène donc ses instincts, et repense au sang de Mina Harker. Il en sent presque le goût délicieux, coulant dans sa bouche par saccades. Oh, ce soir-là, Jonathan Harker était avec les autres, armé et ceint de fleurs d'ail, inaccessible. Mais son trésor le plus précieux était sans protection, et Dracula s'en est emparé.

Il repense à son propre sang, coulant dans les veines de Mina, faisant d'elle une créature de la nuit. Elle proteste, mais il ne sera pas longtemps avant qu'elle cède, qu'elle obéisse à l'appel du sang, et rejoigne Dracula. Bien sûr, elle emmènera son époux trop dévoué avec elle, et Jonathan Harker cessera d'être l'épine qui agace l'esprit de Dracula, celui qui a réussi à s'enfuir.

Dracula aurait dû boire son sang au tout début, plutôt que de jouir de sa peur, de se réserver ce plaisir pour plus tard. Mais il gagnera quand même, à la fin.

En ces instants, juste après le crépuscule, Mina est à lui plus que jamais. Il tend sa volonté, et peut voir par ses yeux la cabine de train, il peut entendre ce qu'elle entend. Il peut presque lire ses pensées, pas complètement comme un livre, plus comme quelques photographies observées une fraction de seconde. Mais cela suffira pour se tenir à l'abri de ces chasseurs aux illusions de grandeur.

Mina est en compagnie de Jonathan, la main dans la sienne. Dracula peut en sentir la chaleur, mais il ne contrôle pas encore assez Mina pour lui faire baisser la tête, observer cette main, ce poignet où battent les
veines. Mais le résultat est le même quand une bouffée de désir enveloppe Mina - elle vient de Dracula, et il n'avait même pas prévu de la partager, mais ce débordement avive son plaisir. Mina rougit, regarde le charmant visage de Jonathan, et elle veut l'embrasser, boire le sang à ses lèvres, son désir et celui de Dracula se mêlant. Dracula canalise toute l'influence qu'il peut avoir sur elle, pour en faire une créature assoiffée, sculptée de désir et de larmes. Elle se penche vers Jonathan...

"Non !" s'exclame Mina, se levant brusquement. "Non, ne m'embrasse pas ! Ah, je le veux tellement, mais je sais quels en sont les dangers, quand ma chère Lucy l'ignorait encore. Je t'en prie, mon cher époux, attends encore un peu. Bientôt tout sera fini !"

Dracula veut gemir de frustration - mais alors Jonathan pose doucement sa main sur la joue de Mina, et il peut la sentir - comme s'il avait lui même une joue chaude et douce. Jonathan embrasse Mina dans le cou, la caresse sous sa chemise, murmure à son oreille une déclaration d'amour éternel, et la convainc de se rasseoir sur la banquette. Puis il se met à genoux, comme un suppliant, bien trop loin des dents blanches et pointues de Mina; Dracula frissonne d'un plaisir qui n'est pas le sien, qui lui appartient pourtant, comme Jonathan et Mina lui appartiennent.

Bientôt, il cultivera si fort le désir dans le corps de Mina qu'elle ne pourra plus se retenir de mordre. Bientôt, ils seront ses serviteurs, et les autres morts, tués dans leur sommeil.

Et quand Jonathan s'agenouillera pour lui, toutes les erreurs qu'il a pu commettre depuis le début seront oubliées.
Ah, désolée ! "possession et manipulation" peut être interprêté de tant de façons dans Dracula, ha ha ^^Tant de possibilités ! J'espère que ça ne t'apparaît pas comme une scène de sexe gratuit.

Merci pour le commentaire !
Des années plus tard, il raconterait une tout autre version de l'incident à la presse. Dans celle-ci, il mentionnerait une ambulance fonçant dans les rues serpentines de la mégapole en catastrophe, l'admission aux urgences dans un maëlstrom de cris dignes de la dernière série B du moment, des appels d'amis en proie à la panique tandis qu'il se tordait de douleur sous l'effet de l'ecto-acné qui lui brûlait le visage aussi douloureusement que de l'acide.

La réalité était beaucoup moins mélodramatique, évidemment : il était venu dans sa propre voiture, ses mains cachant tant bien que mal les dégâts que l’acné avait causé sur sa peau. Le jeune homme avait été admis sous les grimaces et les coups d'œil inquiets du personnel hospitalier au service des urgences dermatologiques et le premier médecin qui avait daigné libérer quelques minutes de son temps pour le recevoir s'était empressé de sortir à toute vitesse du cabinet, avec la ferme intention d'appeler le reste de ses confrères pour obtenir un avis sur la pathologie toute singulière qui venait de se présenter à lui.

Peut-être cherchait-il à sauver la face en fabulant ainsi son accident ou peut-être cherchait-il tout simplement à se faire plaindre. Peu importait, au final : la seule personne dont il essayait d'attendrir le cœur était à l'époque plongée jusqu'aux oreilles dans des calculs de recalibration sur la machine défectueuse à l'origine du problème. Les uniques messages qu'il avait reçus de Madeline Baker – qui plus tard, prendrait le nom de Fenton – étaient co-signés par son l'insupportable bouffon à l'origine de tous ses maux et la simple vue de l’écriture de Jack Fenton donnait au blessé des poussées de boutons. Les vœux de prompts rétablissements étaient restés sans réponse, froissées et tassées au fond d'une corbeille dont elles ne ressortiraient que des années plus tard.

Ce que Vlad Masters ommettrait de mentionner, en revanche, ce fut l'état de confusion mêlé de panique qui s'était emparé de l'infirmière venue prendre ses paramètres vitaux et qui avait fini par bégayer, blême comme un linge, qu'elle n'entendait aucun rythme cardiaque ni aucun pouls battre dans les veines irradiées de son patient.

***

Cliniquement, Vlad Masters était un cas intéressant.

On n'aurait su dire s'il fallait l'appeler anomalie ou miraculé. Dès que l’on essayait de l’ausculter, les machines s’affolaient autour de lui. L'homme n'avait aucun rythme cardiaque détectable, même avec les appareils les plus à la pointe de la technologie. Aucune activité cérébrale sur l'encéphalogramme, bien qu'il soit capable de parler, de marcher et de se souvenir d'évènements très précis de sa vie passée. Aucune analyse sanguine concluante n'avait pu être réalisée non plus : c'était tout juste si les aiguilles qu'on lui avait planté dans le corps arrivaient à aspirer quelques gouttes d'un liquide verdâtre et épais, dont les tests mettaient toutes les ordinateurs en déroute.

Les médecins s'étaient succédé à son chevet, perplexes et effrayés tout à la fois. Chaque donnée recueillie soulevait davantage de questions que de réponses, chaque analyse poussait l'incrédulité au-delà des frontières de tout ce qui était connu. Si on se fiait au bip-bip incessants des machines et au déluge de chiffres affolés que vomissaient les rapports médicaux tous les matins, Vlad Masters aurait dû être un cadavre pourrissant dans une morgue et non le jeune homme au visage recouvert de boutons qui se tenait devant eux.

Et pourtant, il était là.

Inexorablement, indéniablement, inexplicablement vivant - et pour tout avouer, furieux de gâcher les meilleures années de sa jeunesse sur un lit d'hôpital à contempler chaque matin son visage défiguré par les calculs erronés de Jack Fenton.

Pendant sa convalescence, sa vie sociale déclina : les rares amis qu'il possédait s'étaient évaporés à la vue de son affliction et les rares contacts avec le monde extérieur étaient des coups de fil froids et impersonnels avec les actionnaires des différentes compagnies que lui avaient léguées son père. Vlad n'avait jamais porté beaucoup d'intérêt pour le monde des affaires jusqu'ici, préférant consacrer son cerveau brillant à la recherche scientifique ; son rêve de gosse lui paraissait bien futile, désormais, et il n'était pas certain de pouvoir le reprendre un jour. Aucun des traitements pris pour soigner les poussées d'ecto-acné qui lui défiguraient le visage n'avait réellement d'impact, si ce n'était une diminution diffuse de l'inflammation.

Et puis, un jour, tout bascula nouveau.

***

Il ne l'avait pas fait exprès.

Il s'était levé comme à son habitude, avait contemplé le soleil se lever depuis la chambre de la clinique privée qu'il occupait, son regard se perdant tristement sur les courbes du paysage tandis que ses pensées plongeaient dans une spirale de frustration. Pendant une brève seconde, les rayons de l'aurore lui avaient renvoyé un reflet presque déformé de son horrible visage - ses yeux électriques, les grumeaux luisants qui lui constellaient les joues, le blanc immaculé de ses cheveux autrefois noirs... Son poing était parti tout seul, comme une arrière-pensée, frapper d'un coup rageur cette image horripilante de ce qu'il était devenu : une bête de foire, un rat de laboratoire bon à enfermer et à examiner sous des microscopes. Vlad était loin d'être une performance en athlétisme mais la puissance de la colère qu'il avait placé dans ce geste presque anodin aurait suffi à fendre la vitre. Il aurait pu fracasser ses phalanges contre la matière froide, s'oublier dans la rage et la douleur d'avoir tout perdu, tout perdu à cause de JACK FENTON...

Sauf que sa main n'avait jamais touché le verre.

Elle était passée au travers.

Vlad cligna des yeux. Contempla sans dire un mot son poignet d'un bleu pâle et luisant briller de l'autre côté de la fenêtre comme si elle avait été faite d'air. Ou comme si elle n'avait jamais existé.

... Comme si Vlad lui-même avait cessé d'exister.

Sa bouche s'ouvrit sur un cri horrifié.

***

Les semaines qui suivirent comptèrent parmi les moments les plus difficiles qu'il ait eu à vivre.

Le jeune homme – était-il seulement encore un homme ? était-il seulement encore en vie ? – avait passé la plupart de ses journées recroquevillé dans un coin de sa chambre, en proie à une panique croissante alors que son corps se déréglait sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit. Ses membres s'effritaient ou disparaissaient dans le vide pour ensuite réapparaître comme si de rien n'était, fonctionnels et vivaces comme autrefois ; le sol l'aspirait parfois jusqu'à la taille avant qu'il ne se rende compte qu'il était tout simplement en train de traverser la matière et que ses pieds. Il lui arrivait même d'exister dans les deux plans à la fois, entre le tangible et l'invisible, et plus d'une fois, son estomac avait protesté contre la nourriture qu'il ingérait, trop riche et dense pour alimenter un corps qui visiblement n'avait plus besoin d'autant de calories qu'avant.

Après plusieurs mois d'expériences horrifiantes et de déni, Vlad fut forcé d'admettre deux vérités.

La première, c'était que cet abruti de Jack Fenton avait eu raison. Il y avait bel et bien un monde au-delà de la compréhension des vivants, un état que l'humanité avait peut-être essayé de capturer et comprendre sans jamais croire réellement à son existence. Un monde peuplé de résidus manifestes de la conscience que l'on théorisait sous le vulgaire nom de "fantôme", dotés de pouvoirs qui dépassaient les limitations mêmes du réel.

La seconde...

C'est qu'il faisait désormais partie de ce monde, bien malgré lui.

Quoique Jack lui eût fait subir ce matin-là, dans le sous-sol du laboratoire de leur université, cela lui avait arraché son humanité pour en faire... quelque chose d'autre. De puissant. De terrifiant.

Ni tout à fait vivant, ni tout à fait mort.

Un hybride, entre l’humain et le fantôme, errant à la frontière des deux mondes.

Un monstre.

Vlad se garda bien d'en parler autour de lui, évidemment ; il n'était pas souhaitable que l'information tombe entre de mauvaises mains et il n'y avait personne dans son entourage à qui il aurait pu faire confiance pour conserver un pareil secret, de toute façon. Pour la presse, il se contenta de gloser sur l'expérience que fut sa convalescence solitaire, brodant sans vergogne sur la honte et l'humiliation procurée par la guérison lente de son ecto-acné. Le public était friand de ce genre de récits larmoyants - s'ils avaient pu comprendre la douleur confuse de voir son propre corps se dissoudre dans le néant de l'air ou l'horrifiante vision de son propre squelette translucide perçant sous la peau, ils auraient sans doute été moins indulgents.

Qu'importait, finalement. L'interview lui rapporta plusieurs milliers de dollars et des dizaines de lettres d'admiration de la part de ses anciens pairs, désireux de gratter un peu de renommée ou d’argent au passage. Il les jeta toutes sans les regarder.
Un bouquet de chèques bien garnis plus tard avait permis de faire disparaître le reste des données compromettantes : du passage de Vlad Masters en clinique, il ne resta bientôt qu'un maigre tissu de mensonges sur son ecto-acné et la guérison lente mais miraculeuse qui s'en était suivie. Aucun mot sur son rythme cardiaque absent, sur sa peau qui tirait de temps à autre sur le vert pâle, sur ses pieds que le sol semblait parfois avaler. Aucune mention du rouge qui colorait ses yeux dans le noir ou de ses doigts qui disparaissaient dans ses manches. Aucune remarque sur ses murmures persistants, ses cauchemars abondants et son obsession croissante pour le responsable de l'accident qui avait ruiné sa vie sociale pendant des années entières.

Années au cours desquelles Jack Fenton épousa Maddie Baker.

***

— Et voilà qui conclut notre interview sur le retour tant attendu de Monsieur Masters, le multimilliardaire le plus branché du moment ! Vlad, avant de nous quitter, auriez-vous un dernier mot pour nos invités ? Une dernière parole qui décrirait votre état d'esprit alors que vous faites votre grand retour sur la scène publique ?

Une toux discrète se fit entendre, suivie d'un petit rire affecté.

— Eh bien, ma chère Abigail, je dirais que me retrouver à nouveau au cœur de l'action me fait le plus grand bien. En vérité, on pourrait penser que je suis... un homme nouveau.

— C'est un nouveau départ pour les industries VladCo, alors ?

— C'est bien peu dire. J'ai prévu de voir grand, ma chère, et j'ai des projets que vous n'imagineriez pas, même dans vos rêves les plus fous. Ce n'est pas un départ, c'est une... renaissance. Non, je dirais même mieux… Une résurrection.
Ichabod fuyait.

Le cœur battant frénétiquement dans sa cage thoracique, les poumons déchirés par la douleur de l’intensité de ses efforts physiques, Ichabod fuyait un danger mortel qui le poursuivait.

Dire qu’il avait espéré ne plus vivre dans la terreur de le croiser après l’avoir vu disparaître à tout jamais, la sombre affaire des meurtres de Sleepy Hollow à présent résolue.

Pourtant c’était bien lui qui le poursuivait. Son imposant cheval soufflant derrière lui, le bruit menaçant de ses sabots contre la terre humide, sa cape flottant derrière lui dans le vent comme un spectre sinistre revenu hanter les bois de Sleepy Hollow. Le cavalier sans tête (bien que la dénomination ne soit plus exacte, le cavalier ayant retrouvé sa tête, mais en cet instant, Ichabod ne parvenait pas à y accorder la moindre importance, préférant concentrer ses efforts dans sa fuite).

Il pouvait l’entendre derrière lui, malgré sa peur. Le cavalier. Il riait. La chasse semblait l’amuser. Mais Ichabod avait l’impression de sentir son cœur s’enfoncer dans sa poitrine en entendant ce rire sinistre.

Oh, pourquoi était-il retourné à l'arbre des morts ? Simple curiosité ? Volonté secrète de s'assurer que le Cavalier n'était plus et qu'il reposait définitivement en paix ? Ne m'avait-il pas donc vu disparaître à tout jamais dans l'arbre maudit, emportant avec lui sa dernière victime, Lady van Tassel ? Pourquoi n'était-il donc pas resté dans la demeure des Van Tassel en compagnie de Katrina ? Pourquoi fallait-il qu'il revienne sur ces lieux maudits ?

Sa présence avait sans doute du troubler le repos du cavalier, pourquoi donc cet affreux personnage serait-il sorti des entrailles de l'arbre maudit pour le poursuivre ? Peut-être Ichabod avait-il perturbé son repos. Peut-être qu'il avait déclenché la fureur du spectre en s'aventurant dans son domaine, sur son lieu de repos et qu'il cherchait à se venger.

Pourquoi, pourquoi, pourquoi avait-il fallu qu'il revienne dans la forêt ?

Il n'avait plus qu'à espérer (non plus prier, Ichabod avait longtemps cessé de prier en un dieu qui n'existait pas) se sortir vivant de cette aventure et regagner le village... regagner la demeure des Van Tassel protégée par les sortilèges de Katrina.


Il glissa sur les feuilles humides, s'écorchant les genoux et les mains. Il se releva aussi rapidement que ses jambes pouvaient le porter, mais ne fut pas en mesure de faire plus de quelques pas, son pied s’étant retrouvé coincé dans une racine. Ichabod voulut s'en défaire mais, dans sa panique, n'y parvenait pas, son pied demeurant captif.
Il crut sentir son cœur le lâcher lorsque la terrible monture s'arrêta à quelques pas de lui et que son cavalier posa pied à terre, s'approchant lentement de lui, sa cape traînant derrière lui, balayant le sol de ses feuilles mortes. Ichabod se força courageusement à rencontrer le regard de son poursuivant, s'étonnant de ne pas s'évanouir de terreur (était-un bien ou un mal ? il l'ignorait). Il fut saisi par le regard qui le fixait avec intensité, la pâleur cadavérique de sa peau et surtout, surtout, les dents acérées. Il lui semblait que ses pas étaient sourds et lents, chaque pas résonnant comme un coup de tonnerre au plus profond de lui-même.

Enfin il s’arrêta devant lui et Ichabod craignait que le monstre fut en mesure d’entendre les battements frénétiques de son cœur.

Tu ressembles à un écureuil apeuré, lui dit soudainement le cavalier.

Ichabod frissonna en l’entendant, mais ne comprit pas le sens de ses paroles, saisit de l’entendre parler, lui qui n’avait jamais rien entendu que ses grondements sinistres. Il n’avait pas assez de maîtrise de la langue de Goethe pour saisir le sens des mots du cavalier, mais il devinait le ton amusé de celui-ci. Se moquait-il donc de lui ?

Aussi courageusement qu’il le pouvait, il prit la parole :

— Que… que me voulez-vous ? demanda-t-il, sans pour autant parvenir à cacher la nervosité dans sa voix.

Serait-il même en mesure de le comprendre ? Lady van Tassel le commandait dans sa propre langue, mais cela ne signifiait pas qu’il la comprenait. C’était la magie qui le faisait sortir de terre et poursuivre ses victimes.

Tu as peur. Tu n’as pas à avoir peur, j’ai un présent pour toi.

Le cavalier porta la main à sa ceinture. Ichabod le vit défaire le nœud d’une chose accrochée qu’il ne parvenait à identifier sous sa cape, et prit peur. Allait-il sortir son épée de son fourreau et faire de lui sa nouvelle victime ?

Ce n’était pourtant pas une épée qu’il lui présenta, mais un vieux sac fait de tissu sale et usé. Le cavalier le lui tendit, attendant qu’Ichabod s’en empare mais ce dernier était figé. Avec un claquement de langue exaspéré, le cavalier jeta le sac sur les genoux d’Ichabod et ce dernier sursauta violemment à ce contact.
Ouvre. Ouvre donc, sembla l’inviter le cavalier dévoilant ses dents dans un sourire inquiétant.

Ichabod observa le sac sans mot ni geste. Le cavalier ne semblait pas vouloir attenter à sa vie, autrement il l’aurait déjà fait, et il ne semblait pas menaçant malgré son effrayante carrure. Son sourire était moqueur et son expression amusée, comme s’il était face à un amusant petit animal, et s’il y avait quelque chose d’inquiétant dans son expression, rien n’indiquait la violence ou la soif de sang. Il se demanda la raison de ce geste inattendu, était-ce un présent qu’il lui offrait en remerciement de lui avoir rendu sa tête ? Que se trouvait-il dans ce sac ? Il dégageait une odeur forte et nauséabonde qui fit soulever son cœur de dégoût. Il pesait contre ses jambes, quelque chose de lourd et froid. Ichabod se retint de couvrir son nez, craignant d’offenser le cavalier.

Celui-ci l’observa avec insistance, son regard passant du sac à Ichabod, son expression silencieuse le poussant à ouvrir le sac et y découvrir son contenu.

Avec des doigts tremblant, il défit le nœud et dégagea une ouverture. Aussitôt, l’odeur nauséabonde se fit plus persistante, attaquant ses narines et Ichabod cru devenir malade tant l’odeur était forte et parce qu’il lui sembla la reconnaître. L’odeur d’une chair en putréfaction. Il se força à plonger une main pâle et tremblante dans le sac et il sentit ses doigts effleurer quelque chose de fin et rêche. Était-ce un animal en putréfaction que lui offrait le cavalier ? Bien que cette perspective n’avait rien de réjouissante, il espérait que ce fut un animal et non pas ce qu’il redoutait.

Ravalant un hoquet de dégoût, il referma ses doigts sur sa prise et la tira pour l’extraire du sac, la dévoilant à ses yeux horrifiés.

Ce qu’il vit lui glaça le sang.

Les cheveux blonds étaient sales, défaits et présentaient des tâches de sang qui avait noirci et qui avait séché. La chair du visage, pâle comme un spectre et portant des traces de violence, était à jamais figée dans une expression de terreur et d’agonie, suggérant une mort violente, les yeux ouverts et blancs. Et là, au niveau du cou, la blessure familière d’une tête tranchée au fer rouge… d’une épée tout droit sortie des enfers.

Face à lui, la tête de feu Lady van Tassel.

Ichabod sentit plutôt qu’il ne vit les poils se dresser sur sa peau. Il cessa de respirer, un étau lui enserrait la gorge et la poitrine. Il n’arrivait pas à détacher ses yeux de la tête décharnée, bien qu’il souhaitait pouvoir détourner le regard. Il se retrouva figé par la peur, incapable d’émettre le moindre geste et le moindre son. Il voulut hurler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il sentit ses forces d’évanouir et son cœur sombrer avec une lenteur agonisante dans sa poitrine comme s’il avait été dans un puits sans fond. Il frissonna de tout son être, mais cela ne venait pas du temps automnal de la forêt. Non, ça venait de lui. L’horreur rampante glaçant jusque sous sa peau et s’incrustant dans ses os.
Puis, dans un formidable élan de conscience, il repoussa au loin son horrible présent et il crut sentir sa main brûler après sa prise de Lady van Tassel.

Il lui sembla entendre, comme venant de très loin, le rire cruel du cavalier, du hennissement de son cheval, et les cris sinistres des corbeaux volant au loin. Aussi courageusement qu’il le put, il affronta le regard du monstre et celui-ci brillait de mille feux. Les feux de l’enfer, songea-t-il malgré lui.

Tu m’as libéré, rendu ma tête. Je t’en offre une en retour. Une tête pour une tête.

Il sourit, d’un sourire cruel dévoilant ses dents pointues, semblables à celles d’un démon de l’Enfer.

Et Ichabod sombra dans l’inconscience.
Jonathan n’aimait pas l’automne. L’arrivée du froid, avec l’assurance que cela irait de mal en pis ; la chute des feuilles des arbres, comme si la nature se mourait ; la grisaille. Pas que Londres fût une ville particulièrement lumineuse et ensoleillée à son habitude, mais la saison n’arrangeait rien, bien au contraire. C’était un temps à se réfugier à l’intérieur – pas forcément chez soi, visiter les autres ou certains établissements était tout à fait recevable –, à rechercher une chaleur que l’extérieur s’efforçait de vous extraire, à se blottir sous une couverture ou près d‘un feu dans l’espoir d’en récupérer un peu. L’alcool pouvait aider, aussi, ainsi que d’agréables compagnies. C’était toujours mieux que rien. Bien sûr, une escapade en Egypte à cette saison, et à celle qui lui succédait, résolvait le problème.
Et pourtant… pourtant, pour la première fois – enfin, était-ce réellement la première fois ? Il ne tenait pas le compte –, Jonathan se disait que, finalement, l’automne pouvait avoir du bon, aussi.
Le souffle de l’homme était paisible. Il glissait sur quelques mèches de Jonathan, tandis que la poitrine robuste contre lui se soulevait et s’abaissait lentement. Dormait-il ? Pas si sûr. Jonathan peinait encore à croire en sa chance ; à réaliser qu’il reposait là, contre Ardeth. Ce dernier était un homme du désert, tout en lui l’avait crié dès leur rencontre. Son physique, l’aura qu’il transpirait… Il appartenait au désert, vivait par et à travers lui. Du moins Jonathan l’avait-il supposé. Le voir déambuler dans Londres ? Cela sonnait comme une incongruité, presque comme un parjure – c’était à peine exagéré. Et pourtant, il était venu. La première fois, ç’avait été pour une autre malédiction – encore une, décidément – mais pas cette fois. Jonathan n’avait pas bien compris pourquoi. Avait-il seulement cherché à le savoir ? Il avait été trop heureux de la venue du Medjaÿ pour s’interroger avec sérieux, plus encore pour lui poser la question. À aucun moment, son ami n’avait mentionné de momie psychopathe vengeresse ou de scarabée dévoreur de chair grouillant sous la peau, alors tout devait aller bien…
Il ne se rappelait pas s’être assoupi, encore moins avoir glissé jusqu’à ce que son corps se pressât contre celui d’Ardeth. La couverture qui le recouvrait ne lui disait rien non plus. Et quand Ardeth s’était-il assis à côté de lui ? Cependant, il se fichait de ces détails. Seul importait ce contact importun mais ô combien appréciable. La scène paraissait presque irréelle tant elle rejoignait des rêves qu’il croyait inaccessibles, et il craignait de la briser ; ainsi continuait-il à faire semblant de dormir, pour profiter un peu plus longtemps de la présence et de la chaleur de son compagnon.
— Vous êtes réveillé.
Pendant un instant, Jonathan se refusa à réagir. Cependant, comme il devint évident qu’il avait été percé à jour, il concéda à ouvrir un œil. Le contact d’un doigt glissant sur sa joue l’enjoignit à se redresser, sous le coup de la surprise, pour dévisager Ardeth avec un certain effarement.
— Vous avez bavé dans votre sommeil.
Était-ce un reproche voilé ou une excuse pour justifier son geste ? Jonathan porta aussitôt sa main près de la commissure de ses lèvres et sentit une trace humide qui s’étirait jusqu’au menton. Il rosit, gêné. Baver sur le Medjaÿ, rien de tel pour le faire fuir ! Peut-être ce dernier en avait-il eu assez que sa salive s’écoulât sur ses vêtements ? Et pourquoi ne s’en était-il pas rendu compte plus tôt, au lieu de se tourner au ridicule ? Bavait-il même éveillé ?
Ses réflexions cessèrent lorsqu’il aperçut la tendresse dans le regard du Medjaÿ, visible à la façon dont il plissait les yeux, à la douceur de son visage. Cette vision le troubla. En Egypte, l’homme avait toujours été plutôt tendu, sur le qui-vive – normal quand une momie menaçait d’envahir le monde, ou de commettre n’importe quelle autre atrocité. Le contraste avec son air actuel était d’autant plus saisissant.
Leurs yeux restèrent fixés l’un dans l’autre quelques secondes, pendant lesquels aucun ne parla. Puis Jonathan demanda :
— Vous… vous voulez du thé ?
Ou comment briser un instant magique, par Jonathan Carnahan. Méthode approuvée et validée par lui-même – en tant qu’expert, il se suffisait à lui-même. Il n’avait même pas envie de thé, alors pourquoi poser la question ? Ardeth connaissait-il seulement ? Était-il lui-même en mesure d’en faire, au moins ?
Et pourtant, un léger sourire s’esquissa sur le visage d’Ardeth. Ou peut-être l’imaginait-il seulement ? C’était plausible.
— Pourquoi pas ?
Jonathan en fut soulagé et étrangement heureux. Même si, en lui-même, il songeait que le Medjaÿ n’avait vraiment peur de rien.